La population mondiale est un stock d’habitants, pas un flux. Elle ne mesure ni le nombre de naissances d’une année, ni le nombre d’actifs, ni la taille d’une seule région du monde. Elle additionne les populations résidentes des pays et territoires, puis sert de point de départ pour analyser la croissance, la structure par âge et la répartition géographique de l’humanité.
C’est un indicateur spectaculaire, parce qu’il concentre immédiatement l’attention. Mais pris seul, il est insuffisant. Deux mondes très différents peuvent afficher un total voisin tout en ayant des structures démographiques opposées : un monde jeune, à forte fécondité, et un monde plus âgé, où la croissance ralentit déjà.
Pourquoi le total brut ne suffit-il pas ?
Parce qu’une population peut continuer à augmenter même lorsque la fécondité baisse, simplement en raison de l’inertie démographique. À l’inverse, un pays très peuplé peut déjà avoir dépassé son pic. Le chiffre mondial additionne ces trajectoires, mais ne les explique pas.