Un indicateur concret, mais jamais total
Dans la plupart des enquêtes, l’activité sexuelle renvoie à l’existence de pratiques sexuelles sur une période donnée : les douze derniers mois, les quatre dernières semaines, l’année écoulée ou, plus rarement, le moment présent. Ce n’est donc pas une appréciation morale, ni un indicateur de bonheur, ni une définition complète de la vie intime.
Le premier intérêt de cette mesure est sa simplicité apparente : elle permet de savoir si une sexualité est déclarée comme active ou non, et d’observer comment cette situation varie selon l’âge, le sexe, le fait d’être en couple, l’état de santé ou d’autres caractéristiques sociales. Mais cette simplicité peut devenir trompeuse si l’on oublie qu’un même mot recouvre des pratiques et des situations très diverses.
Le piège de la norme implicite
Le commentaire médiatique transforme parfois cet indicateur en échelle implicite : plus = mieux, moins = problème. C’est une erreur classique. Une baisse de fréquence peut correspondre à une fatigue temporaire, à une séparation récente, à une maladie, à une préférence personnelle ou à une période de réorganisation de la vie. À l’inverse, une activité régulière ne garantit ni le consentement, ni le plaisir, ni l’absence de pression dans la relation.
Un dossier sérieux doit donc replacer l’activité sexuelle dans un cadre plus large : relation, santé, consentement, charge mentale, parcours de vie, vieillissement, accessibilité des soins et représentations sociales de la sexualité.