Le statut conjugal n’est qu’une partie de la réalité
Dans les statistiques, on distingue souvent des situations juridiques ou déclaratives : marié, pacsé, en union libre, séparé, divorcé, veuf, célibataire. Mais ces catégories ne suffisent pas à décrire la densité réelle d’une vie affective. On peut être juridiquement célibataire tout en vivant une relation importante ; on peut être en couple sans partager le même logement ; on peut cohabiter tout en traversant une relation très distendue.
Cette différence entre cadre juridique, cadre résidentiel et vécu subjectif explique pourquoi les enquêtes conjugales sont complexes. Le même mot « couple » peut désigner une reconnaissance institutionnelle, une cohabitation quotidienne ou un attachement important sans mise en commun du domicile.
Le célibat ne signifie pas absence de liens
Parler de célibat ne revient pas à parler de vide affectif. Les enquêtes montrent que les personnes hors couple peuvent avoir des relations amoureuses, des histoires intermittentes, des relations non cohabitantes, des liens sexuels ou des attachements qui ne prennent pas la forme d’un couple stabilisé. Inversement, être en couple ne garantit ni proximité émotionnelle ni stabilité relationnelle.
Un dossier sérieux sur le célibat et le couple doit donc sortir de l’opposition simpliste entre « seuls » et « ensemble ». Ce qui importe est la pluralité des formes de relation, ainsi que la façon dont elles sont reconnues — ou non — par les statistiques et par la société.