Attirance, pratiques et identité ne racontent pas la même chose
Une personne peut avoir été attirée par des personnes d’un même sexe sans avoir eu de relation correspondante ; elle peut avoir eu une pratique sans se définir par une identité particulière ; elle peut se dire bisexuelle, pansexuelle, lesbienne, gay, hétérosexuelle ou ne se reconnaître dans aucune de ces étiquettes de manière stable. Les enquêtes sérieuses posent donc plusieurs questions au lieu d’une seule.
Cette distinction est essentielle parce qu’elle évite les raccourcis. Dire « combien y a-t-il d’homosexuels ? » ne veut pas dire la même chose selon qu’on parle d’identité actuelle, d’attirance au cours de la vie, de partenaires de même sexe ou d’expérience récente. Un même mot peut masquer des réalités très différentes.
Le genre ne se réduit pas au sexe assigné à la naissance
Les questions sur le genre distinguent de plus en plus le sexe assigné à la naissance, l’identité de genre vécue, les parcours trans, la non-binarité et les moments de questionnement. Là encore, aucune catégorie ne résume à elle seule toute l’expérience. Les personnes peuvent se situer durablement ou temporairement dans une réflexion sur leur genre sans pour autant entreprendre une transition, et une transition éventuelle n’épuise pas toute la réalité biographique.
La qualité des enquêtes dépend donc beaucoup de la formulation adoptée et du respect des personnes interrogées. Mal poser une question peut invisibiliser des expériences ou au contraire surinterpréter une réponse.