OUTILS.COM : outils en ligne CALCULATRICE.COM : calculs CONVERTISSEUR.COM : conversions STATISTIQUES.COM : chiffres et stats
Intimité | Pluralité sexuelle et de genre

Statistiques pluralité sexuelle et de genre : attirances, identifications et non-binarité

Parler de pluralité sexuelle et de genre suppose de distinguer plusieurs dimensions : l’attirance, les pratiques, l’identification sexuelle et le genre. Les enquêtes récentes montrent qu’elles ne se recouvrent pas complètement et que les jeunes générations les questionnent plus fortement que leurs aîné·es.

En 2023, 22,6 % des femmes et 14,5 % des hommes de 18-89 ans ne sont pas strictement hétérosexuel·les si l’on combine attirances, pratiques et identifications. 2,3 % des femmes et 2,4 % des hommes disent avoir déjà pensé à changer de genre, et 0,1 % déclarent avoir entrepris des démarches en ce sens. Chez les 18-29 ans, les personnes non binaires représentent 1,7 % et mettent davantage à distance l’hétérosexualité.

Sources principales : CSF2023 / Ined ENVIEFrance hexagonaleVérification éditoriale : 18/04/2026
Graphique

Selon l’indicateur retenu, les écarts femmes-hommes changent de forme

Les femmes déclarent plus souvent des attirances ou une non-hétérosexualité stricte, alors que l’écart est faible quand on regarde seulement le fait d’avoir déjà eu un·e partenaire du même sexe. Le questionnement de genre, lui, apparaît quasiment au même niveau chez les femmes et chez les hommes.

Attirance même sexe — femmes
13,4 %
Attirance même sexe — hommes
7,6 %
Partenaire même sexe — femmes
8,4 %
Partenaire même sexe — hommes
7,5 %
Non strictement hétéro — femmes
22,6 %
Non strictement hétéro — hommes
14,5 %
Ont pensé à changer de genre — femmes
2,3 %
Ont pensé à changer de genre — hommes
2,4 %

Échelle visuelle calée sur 25 %. Le graphique compare des dimensions différentes de la pluralité sexuelle et de genre ; il ne faut donc pas additionner les pourcentages entre eux.

Réponse rapide

La bonne façon de lire ce sujet

Le premier réflexe est de ne jamais traiter orientation, pratiques et genre comme un seul bloc.

1

L’attirance ne vaut pas identification

On peut avoir déjà été attiré·e par une personne de même sexe sans se définir comme homosexuel·le, bisexuel·le ou pansexuel·le.

2

Les pratiques ne disent pas tout du genre

Avoir déjà eu un partenaire de même sexe décrit une expérience, pas forcément une identité durable ni une catégorie unique.

3

Le genre n’est pas qu’une case administrative

Le fait d’avoir pensé à changer de genre ou de se définir comme non binaire renvoie à des questionnements qui ne se résument pas à une transition engagée.

Repères comparatifs

Comparer attirance, pratiques, identification et questionnement de genre

Les écarts femmes-hommes n’ont pas le même sens selon la dimension retenue. Les femmes déclarent plus souvent des attirances ou des identifications bi/pan ; les hommes se définissent un peu plus souvent comme homosexuels.

Trois dimensions de la sexualité en 2023

Attirance même sexe
13,4 % femmes
Attirance même sexe
7,6 % hommes
Au moins un·e partenaire du même sexe
8,4 % femmes
Au moins un·e partenaire du même sexe
7,5 % hommes
Non strictement hétérosexuel·le
22,6 % femmes
Non strictement hétérosexuel·le
14,5 % hommes

Ces trois lignes ne mesurent pas la même chose et ne doivent pas être additionnées.

Identification et questionnement de genre

Homosexuel·le
2,3 % hommes
Homosexuel·le
1,3 % femmes
Bisexuel·le
2,8 % femmes
Bisexuel·le
2,3 % hommes
Ont pensé à changer de genre
2,3 % femmes
Ont pensé à changer de genre
2,4 % hommes

La ligne « pensé à changer de genre » inclut des interrogations, des expériences de non-binarité ou une remise en cause de la masculinité/féminité.

Jeunes générations

La non-binarité éclaire la remise en cause des catégories habituelles

Les résultats de l’enquête ENVIE sur les 18-29 ans montrent que la pluralité ne concerne pas seulement l’orientation sexuelle, mais aussi la manière de se situer par rapport au genre et à la centralité de la sexualité.

1,7 % des 18-29 ans se définissent comme non binaires

Le phénomène reste minoritaire mais suffisamment visible pour être mesuré statistiquement.

51 % des personnes non binaires ont moins de 21 ans

Ce profil très jeune signale un changement générationnel rapide dans les catégories mobilisées.

38,5 % se disent pansexuelles et 21,5 % bisexuelles

Chez les jeunes non binaires, l’hétérosexualité est très minoritaire : seulement 14,7 % s’y identifient.

12,7 % se disent asexuelles et 30 % n’ont jamais eu de pratiques sexuelles

La pluralité de genre ne conduit pas nécessairement à une sexualité plus intense ; elle peut aussi s’accompagner d’une mise à distance de la sexualité.

Santé et violences

Les minorités sexuelles et de genre sont davantage exposées à certains risques

Les repères de santé mentale, de violences sexuelles et de prévention rappellent que la pluralité ne se lit pas seulement comme une diversification identitaire, mais aussi comme un enjeu d’inégalités d’exposition.

Violences sexuelles très élevées parmi les personnes ayant déjà eu des partenaires de même sexe

53,1 % des femmes et 29,5 % des hommes concernés déclarent des violences sexuelles subies.

Dépression modérée ou sévère plus fréquente

35,9 % des femmes ayant déclaré des partenaires de même sexe ont un indicateur associé à une dépression modérée ou sévère, contre 21,0 % des femmes ayant eu uniquement des partenaires hommes.

Pensé à changer de genre et santé mentale

43,7 % des personnes ayant déjà pensé à changer de genre rapportent un état de santé mentale associé à une dépression modérée ou sévère, contre 17,8 % pour les autres.

Prévention perfectible

Parmi les personnes ayant déjà eu des partenaires de même sexe, 56,1 % des femmes et 50,6 % des hommes déclarent avoir utilisé un préservatif au premier rapport avec un nouveau partenaire rencontré dans l’année.

Tableau complet Le tableau juxtapose volontairement plusieurs dimensions pour montrer qu’aucune d’elles ne suffit seule à résumer la pluralité.
IndicateurValeurAnnéeChampSource
Attirance pour des personnes de même sexe au cours de la vie13,4 % des femmes ; 7,6 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Attirance pour des personnes indépendamment de leur genre1,5 % des femmes ; 0,6 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Au moins un·e partenaire du même sexe au cours de la vie8,4 % des femmes ; 7,5 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Se définissent comme homosexuel·les1,3 % des femmes ; 2,3 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Se définissent comme bisexuel·les2,8 % des femmes ; 2,3 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Se définissent comme pansexuel·les1,5 % des femmes ; 0,6 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Ne sont pas strictement hétérosexuel·les22,6 % des femmes ; 14,5 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Ont déjà pensé à changer de genre2,3 % des femmes ; 2,4 % des hommes202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Ont entrepris des démarches pour changer de genre0,1 %202318-89 ans ; France hexagonaleCSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre
Jeunes femmes ne se définissant pas comme hétérosexuelles19 %202318-29 ans ; France hexagonaleIned – Population & Sociétés n°632 / ENVIE
Jeunes hommes ne se définissant pas comme hétérosexuels8 %202318-29 ans ; France hexagonaleIned – Population & Sociétés n°632 / ENVIE
Personnes non binaires parmi les 18-29 ans1,7 %202318-29 ans ; France hexagonaleIned – Population & Sociétés n°632 / ENVIE
Personnes non binaires se disant pansexuelles38,5 %2023Personnes non binaires de 18-29 ansIned – Population & Sociétés n°632 / ENVIE
Personnes non binaires se disant asexuelles12,7 %2023Personnes non binaires de 18-29 ansIned – Population & Sociétés n°632 / ENVIE
Méthode

Comment lire ces chiffres

Cette page combine deux sources complémentaires. La recherche CSF2023 fournit des indicateurs nationaux sur l’ensemble de la population adulte en distinguant attirances, pratiques, identifications et questionnement de genre. L’enquête ENVIE permet, elle, de zoomer sur les jeunes adultes de 18 à 29 ans.

La pluralité sexuelle et de genre ne se réduit pas à une liste de catégories exclusives. On peut avoir une attirance, des pratiques ou une identification qui ne se superposent pas complètement. C’est précisément ce que montrent les écarts entre les différentes séries présentées ici.

Les chiffres sur la non-binarité et l’asexualité doivent être lus avec prudence : ils gagnent en visibilité statistique, mais restent sensibles à la manière dont les questions sont posées, comprises et appropriées par les enquêté·es.

Responsable éditorial
Nicolas Belotti
Type de contenu
Page de référence
Vérification éditoriale
18/04/2026
Périmètre principal
France hexagonale ; adultes pour CSF2023 ; 18-29 ans pour ENVIE
Cadre
Information générale, pas de conseil psychologique ou médical personnalisé
Signalement d’erreur
Via la page de contact du site
Sur ce thème, la meilleure protection contre le contresens est de toujours demander : parle-t-on d’attirance, de pratiques, d’identification ou de genre ?
Sources principales mobilisées Organismes publics et grandes enquêtes nationales

Cette page privilégie les publications de référence et rappelle, pour chaque source, l’usage précis qui en est fait dans la synthèse.

CSF2023 – Pluralité sexuelle et de genre

Source principale sur les orientations sexuelles, le questionnement de genre et les repères de santé associés.

Ined – Population & Sociétés n°632 : Homo, bi et non binaires

Zoom sur les jeunes adultes, la non-binarité, les identifications bi/pan et l’hétérosexualité en question.

FAQ

Questions fréquentes

La pluralité sexuelle et de genre se lit mal quand on confond expérience vécue, identité déclarée et trajectoire personnelle.

Parce que l’attirance, les pratiques et l’identification sexuelle ne se recoupent pas parfaitement. Les enquêtes récentes insistent sur cette pluralité de dimensions.

C’est une catégorie de synthèse : elle regroupe les personnes qui déclarent soit une attirance, soit des pratiques, soit une identité qui n’est pas strictement hétérosexuelle.

Non. Cet indicateur capte des interrogations ou des expériences de remise en cause du genre sans préjuger d’une transition engagée.

Les jeunes générations disposent de catégories plus visibles et socialement plus circulantes pour exprimer ces expériences.

Non. Elle fournit des repères statistiques généraux et ne remplace ni un suivi clinique ni un accompagnement individualisé.