Un aliment ultra-transformé est généralement défini à partir de la classification Nova, qui distingue les aliments peu ou pas transformés, les ingrédients culinaires, les aliments transformés et les formulations industrielles plus complexes. Le cœur du sujet n’est donc pas seulement la cuisson, la mise en boîte ou la congélation, mais la combinaison de procédés, d’ingrédients fractionnés et d’additifs destinés à produire un aliment très formulé.
La difficulté vient du fait que le mot “transformé” est beaucoup plus large. Moudre du blé, faire fermenter du lait, cuire des légumineuses, surgeler des légumes ou mettre des sardines en conserve sont déjà des transformations. Les assimiler automatiquement à l’ultra-transformation brouille la lecture et rend impossible une discussion sérieuse.
La notion d’ultra-transformation sert surtout à attirer l’attention sur des produits très standardisés, souvent prêts à consommer, très palatables et parfois pauvres en fibres ou riches en sucres, sel ou graisses de moindre qualité nutritionnelle. Mais elle ne remplace pas l’analyse complète du régime alimentaire.
Une notion utile, mais pas magique
La classification est utile pour repérer des tendances de production et de consommation. Elle permet de discuter du degré d’éloignement entre un aliment brut et une formulation prête à manger. Elle ne dit toutefois pas à elle seule si un produit particulier est dangereux, sain, équilibré ou adapté à une personne donnée.
Un produit peut être peu transformé mais très salé ; un autre peut être transformé mais pratique, sûr et intéressant dans un contexte donné. La nuance est importante, surtout quand on parle de budget, de temps de cuisine, d’accès aux commerces ou de contraintes familiales.