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Dossier sécurité

Sources sécurité : choisir la bonne donnée selon la question

La rubrique sécurité mobilise des sources très différentes : fichiers de police et gendarmerie, enquêtes de victimation, données routières, surveillance sanitaire, plateformes d’assistance, bases territoriales et dispositifs d’aide aux victimes.

Ce dossier explique quelles sources utiliser, ce qu’elles mesurent, ce qu’elles ne mesurent pas et comment éviter de comparer des chiffres qui portent le même nom mais pas le même champ.

SSMSIVRSONISRSanté publiqueCyber
Cartographie

Une source par question, pas une source pour tout

Les statistiques de sécurité n’ont pas de base unique couvrant tous les risques.

La première erreur consiste à chercher “le chiffre de la sécurité” comme s’il existait un indicateur total. La sécurité rassemble des phénomènes très différents : crimes et délits, sentiment d’insécurité, sécurité routière, accidents domestiques, arnaques numériques, violences intrafamiliales, risques sanitaires et dispositifs de protection.

Chaque famille de risque a sa source principale. Le SSMSI suit la délinquance enregistrée et les enquêtes de victimation. L’ONISR suit la sécurité routière. Santé publique France suit les traumatismes et accidents de la vie courante. Cybermalveillance.gouv.fr suit les demandes d’assistance et tendances de cybermalveillance. La Miprof et les services publics spécialisés cadrent les violences faites aux femmes et les dispositifs d’aide.

La bonne méthode n’est donc pas de juxtaposer ces données dans un tableau unique. Il faut d’abord formuler la question : veut-on savoir combien de faits sont enregistrés, combien de personnes déclarent avoir subi un fait, combien d’accidents provoquent des blessures, combien de victimes cherchent de l’aide, ou comment la population perçoit son environnement ?

À retenir : Une source fiable dans un domaine peut être inadaptée à une autre question. L’ONISR ne mesure pas les cambriolages ; le SSMSI ne mesure pas toutes les chutes à domicile ; Cybermalveillance ne mesure pas toutes les plaintes.
1

Formuler la question

Faits connus des services, faits subis, ressenti, accidents, aide aux victimes ou prévention.

2

Choisir le champ

France entière, métropole, Outre-mer, commune, victimes majeures, ménages, usagers de la route.

3

Vérifier l’unité

Faits, victimes, ménages, plaintes, décès, hospitalisations, demandes d’assistance, signalements.

4

Citer la période

Année, mois, enquête, bilan provisoire, bilan définitif ou données consolidées.

SSMSI

Délinquance enregistrée : la source centrale pour police et gendarmerie

Le SSMSI produit les publications de référence sur les crimes et délits enregistrés.

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure publie des bilans, analyses, données territoriales et documents méthodologiques sur les faits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales. C’est la source à privilégier pour les homicides, violences enregistrées, vols, cambriolages, escroqueries, infractions liées aux stupéfiants ou indicateurs territoriaux.

Mais le mot “enregistré” est décisif. Il signifie que le fait est connu des services selon les règles de l’enregistrement statistique. Il ne signifie pas que tous les faits commis sont connus, ni que chaque fait est définitivement qualifié juridiquement de la même manière jusqu’au terme de la procédure.

Les données territoriales sont utiles pour les communes, départements et régions. Elles doivent toutefois être lues avec les limites classiques : petits nombres, population de passage, lieux de commission, flux touristiques, concentration des faits dans certains espaces et différences de déclaration.

Bilans annuels

Pour comprendre les grandes évolutions et les catégories suivies.

Conjoncture

Pour suivre les tendances récentes, avec prudence sur les effets de court terme.

Bases territoriales

Pour travailler à l’échelle communale, départementale ou régionale.

Méthodologie

Pour comprendre l’enregistrement, les ruptures et les définitions.

Élucidation

Pour distinguer faits enregistrés, faits élucidés et personnes mises en cause.

Victimation

Pour compléter l’approche administrative avec les faits déclarés en enquête.

Citation : Pour citer : “SSMSI, crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie, champ, territoire, année et catégorie exacte.”
VRS

Enquêtes de victimation : mesurer les faits subis et le ressenti

Les enquêtes complètent les fichiers administratifs en interrogeant directement la population.

L’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité interroge les personnes sur les faits qu’elles déclarent avoir subis, le dépôt de plainte, le sentiment d’insécurité et certains comportements. Elle est indispensable pour comprendre les faits non enregistrés par les services de sécurité.

Elle permet de rapprocher trois niveaux : la victimation déclarée, la plainte et la perception du risque. C’est particulièrement utile pour les violences, les vols sans plainte, les discriminations, le harcèlement ou le sentiment d’insécurité dans certains lieux.

Elle ne remplace pas les données administratives. Une enquête ne localise pas nécessairement chaque fait à une échelle communale fine et repose sur un échantillon, un questionnaire et une période de référence. Elle est très forte pour comprendre les ordres de grandeur sociaux, moins pour produire un fichier opérationnel de procédures.

À utiliser pour

Le non-recours à la plainte.

Les faits subis déclarés par les personnes.

Le sentiment d’insécurité et les comportements d’évitement.

À ne pas lui faire dire

Le nombre exact de procédures judiciaires.

Un classement local fin de toutes les communes.

La qualification pénale définitive de chaque situation.

À retenir : Les fichiers administratifs et les enquêtes ne sont pas concurrents. Ils sont complémentaires.
Accidents

Route et vie courante : ONISR et Santé publique France

Les accidents ne relèvent pas toujours du même système statistique.

Pour la sécurité routière, l’ONISR est la source de référence. Il produit les bilans, suivis mensuels, analyses par usager, territoire et circonstances, avec des données provisoires puis définitives. Le fichier BAAC structure une grande partie de la connaissance sur les accidents corporels de la circulation.

Pour les accidents de la vie courante, Santé publique France est centrale. Les données peuvent venir des décès, hospitalisations, recours aux urgences, enquêtes ou surveillances spécifiques comme les noyades. On ne lit pas ces sources comme les faits de délinquance enregistrés.

La différence est fondamentale : un accident domestique peut ne jamais être signalé à une autorité de sécurité, mais apparaître dans une donnée hospitalière. Un accident routier corporel peut être enregistré par les forces de l’ordre. Une chute sans hospitalisation peut ne pas apparaître dans les mêmes bases.

ONISR

Route, accidents corporels, tués, blessés, usagers, bilans provisoires et définitifs.

BAAC

Bulletins d’analyse des accidents corporels de circulation.

Santé publique France

Traumatismes, chutes, noyades, accidents de la vie courante et surveillance sanitaire.

Mortalité

Causes de décès et risques les plus graves.

Hospitalisations

Conséquences sanitaires nécessitant prise en charge.

Prévention

Messages adaptés aux lieux, âges et situations.

Cyber

Cybermalveillance, arnaques et fraudes : plusieurs circuits d’information

Le numérique produit des traces très diverses : assistance, signalements, plaintes, incidents, préjudices.

Cybermalveillance.gouv.fr est une source précieuse pour connaître les tendances de cybermalveillance observées via les recherches d’assistance, contenus consultés et demandes d’aide. Elle permet de voir quels pièges touchent les particuliers, entreprises, associations ou collectivités.

Les statistiques de sécurité intérieure sur les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement donnent un autre angle : celui des infractions enregistrées par les services de sécurité. Les banques, plateformes, entreprises et autorités spécialisées peuvent produire d’autres données encore.

Il faut donc éviter d’assimiler une demande d’assistance à une plainte, une tentative à une perte financière ou une consultation d’article à une victime. Les chiffres de cyber sont utiles s’ils sont nommés précisément.

1

Assistance

Une personne cherche de l’aide ou des conseils.

2

Signalement

Une personne transmet une information à une plateforme ou autorité.

3

Plainte

Une infraction est portée à la connaissance des services compétents.

4

Incident

Une organisation subit une atteinte technique ou opérationnelle.

5

Préjudice

Une perte financière, de données, d’accès ou de réputation est constatée.

Citation

Comment citer proprement une statistique de sécurité

Une citation robuste évite les ambiguïtés de champ et de définition.

Pour citer une statistique, il faut indiquer la source productrice, le titre de la publication ou du jeu de données, l’année ou la période de référence, le champ géographique, l’unité et la définition de l’indicateur. Cette règle vaut pour la délinquance, les accidents, les violences, la cybermalveillance et le ressenti.

La date de publication ne suffit pas. Une page publiée en 2026 peut décrire des données 2024, un bilan provisoire 2025 ou une enquête menée l’année précédente. Il faut séparer date de publication, date de révision et période statistique.

Il faut également garder le statut de la donnée : provisoire, définitive, déclarative, enregistrée, issue d’enquête, administrative ou sanitaire. Cette information change la solidité de la comparaison.

Modèle : Structure de citation : Source – publication ou base – indicateur exact – champ – territoire – période – statut de donnée – lien.

Mauvais

“La délinquance augmente.”

Meilleur

“Selon le SSMSI, tel indicateur enregistré par police-gendarmerie évolue sur telle période.”

Mauvais

“Les accidents domestiques font X victimes.”

Meilleur

“Santé publique France estime tel nombre de décès ou hospitalisations sur tel champ.”

Mauvais

“Les arnaques explosent.”

Meilleur

“Cybermalveillance observe une progression des demandes d’assistance pour tel type d’arnaque.”

Checklist

Checklist avant d’utiliser une source sécurité

Une source correctement citée évite une grande partie des contresens.

La sécurité est un domaine où les chiffres circulent vite et sont souvent utilisés dans des débats sensibles. Une checklist simple permet de vérifier si l’on compare des données compatibles ou si l’on mélange des objets différents.

1

Nommer la source productrice

SSMSI, ONISR, Santé publique France, Cybermalveillance, Miprof, Service-Public ou autre.

2

Nommer l’indicateur

Victimes, faits, demandes d’assistance, décès, hospitalisations, signalements, plaintes.

3

Vérifier le champ

France entière, métropole, DROM, communes, ménages, personnes majeures, usagers de la route.

4

Vérifier la période

Année de référence, enquête, mois, données provisoires ou définitives.

5

Vérifier l’unité

Nombre, taux par habitant, taux standardisé, proportion, évolution annuelle.

6

Vérifier la comparabilité

Même source, même définition, même territoire et même statut de donnée.

À éviter

Comparer une enquête de ressenti avec une plainte enregistrée comme si c’était le même objet.

À éviter

Rapporter des faits à une population résidente quand le territoire accueille beaucoup de visiteurs sans le signaler.

À éviter

Additionner morts routiers, cambriolages, chutes et arnaques dans un score unique de sécurité.

À faire

Conserver les liens vers les publications et jeux de données utilisés.

À faire

Indiquer les limites quand l’indicateur est sensible au dépôt de plainte ou au recours aux soins.

À faire

Actualiser la page quand la source publie un nouveau millésime de référence.

Limites

Les limites d’un dossier de sources

Une liste de sources ne remplace pas la lecture des métadonnées.

Un dossier de sources aide à s’orienter, mais il ne dispense jamais de lire la documentation précise du jeu de données ou de la publication utilisée. Les métadonnées indiquent le champ, les exclusions, les changements de méthode et les révisions.

Certaines sources évoluent rapidement. Une publication annuelle peut être remplacée par une édition plus récente, une base peut être enrichie, un indicateur peut changer de définition ou un millésime provisoire peut devenir définitif.

Enfin, la source la plus récente n’est pas toujours la plus adaptée. Pour une série longue, une donnée consolidée ancienne peut être préférable à une donnée très récente mais provisoire.

Métadonnées

Elles expliquent ce qui est inclus ou exclu.

Révisions

Une révision n’est pas une erreur : c’est souvent une consolidation.

Millésime

La date de publication et l’année observée peuvent différer.

Champ

France entière, métropole ou DROM ne sont pas interchangeables.

Unité

Fait, victime, ménage, décès ou assistance : le sens change.

Objectif

La bonne source est celle qui répond à la question, pas celle qui impressionne.

À compléter

Pages complémentaires à consulter

Ces liens permettent de relier le dossier aux autres pages de la rubrique sécurité.

Cadre éditorial

Méthode, sources et limites de lecture

Cette partie explique comment le dossier a été construit et ce qu’il ne faut pas lui faire dire.

Rédaction : Nicolas Belotti Révision : 21/04/2026 Type : dossier pédagogique

Une page d’explication, pas un palmarès

Le dossier ne cherche pas à classer des territoires, des populations ou des phénomènes du “plus sûr” au “moins sûr”. Il explique les mots, les sources et les limites. Pour les chiffres bruts, une statistique doit toujours être lue avec son champ, sa période, son unité et son mode de collecte.

Les indicateurs de sécurité mélangent souvent des réalités très différentes : faits enregistrés par les forces de l’ordre, faits déclarés en enquête, accidents corporels, signalements, demandes d’assistance ou données hospitalières. Les additionner sans méthode produit une impression de précision, mais pas une information solide.

Les sources retenues sont principalement publiques ou institutionnelles. Elles sont citées pour cadrer les définitions, documenter les précautions et orienter vers les publications de référence.

Sources mobilisées et rôle de chaque source
Les liens ci-dessous sont fournis pour vérifier les définitions, les champs et les publications utilisées lors de la rédaction du dossier.
SSMSI – Insécurité et délinquance en 2025 : première photographie

Repères récents sur la délinquance enregistrée, les évolutions annuelles et les précautions de lecture.

SSMSI – Insécurité et délinquance en 2024 : bilan statistique et atlas départemental

Cadre général sur les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales.

SSMSI – Vécu et ressenti en matière de sécurité, rapport d’enquête édition 2024

Lecture des enquêtes de victimation, du sentiment d’insécurité et des faits non nécessairement enregistrés par plainte.

data.gouv.fr – Bases communales, départementales et régionales de délinquance enregistrée

Données territoriales ouvertes sur les crimes et délits enregistrés par les services de sécurité.

SSMSI – La mesure de la délinquance

Distinction entre délinquance enregistrée, enquêtes de victimation, plainte et perception.

ONISR – Bilan 2025 de la sécurité routière

Repères récents sur les décès et l’accidentalité routière en France.

Santé publique France – Traumatismes et accidents de la vie courante

Cadre général sur les traumatismes non intentionnels et les accidents de la vie courante.

Cybermalveillance.gouv.fr – Rapport d’activité et tendances de la menace 2025

Tendances récentes : hameçonnage, faux conseiller bancaire, fraudes au virement et accompagnement des victimes.

Observatoire national des violences faites aux femmes – Chiffres de référence

Définitions et repères institutionnels sur les violences faites aux femmes et les violences au sein du couple.

Service-Public – Violences conjugales

Rappel des démarches, protections et définitions juridiques générales.

FAQ : sources statistiques de sécurité

Le SSMSI est la source centrale pour les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales.

Les enquêtes de victimation et de ressenti, notamment VRS, sont les plus adaptées.

L’ONISR est la source de référence pour les bilans de sécurité routière.

Santé publique France est une source centrale pour les traumatismes, chutes, noyades et accidents de la vie courante.

Parce qu’ils peuvent compter des demandes d’assistance, des signalements, des plaintes, des incidents ou des pertes financières.

La source, l’indicateur exact, le champ, le territoire, la période, l’unité et le statut de la donnée.